Devenez un coach influent grâce à 9 qualités

Lorsque l’on décide de prendre la responsabilité d’un groupe de joueurs quel qu’il soit, des U6 aux Séniors, il est important de savoir quelles qualités on se doit de posséder et de véhiculer pour que notre message soit écouté, validé et relayé par nos joueurs. C’est pour cela qu’il me semble important de partager les 9 qualités qui, selon moi, sont indispensables d’avoir ou de vouloir acquérir au moment de notre prise de fonction.

1-Etre conscient de la responsabilité

Pour moi, c’est LA qualité qu’il faut avoir sinon ce n’est pas la peine de s’engager dans ce domaine. Quelqu’un qui voit son poste comme un honneur plutôt qu’une responsabilité ne s’efforcera jamais de s’améliorer et de faire le maximum pour acquérir les qualités suivantes. Cette responsabilité deviendra un honneur, si cette dernière est effectuée correctement et soigneusement. Comment faire un travail soigné et régulier si nous n’avons pas conscience que l’on nous a donné une responsabilité et que l’on a pris l’engagement de faire de notre mieux. De façon implicite lorsque l’on dit « j’accepte cette proposition », cela veut dire que j’accepte de faire de mon mieux pour honorer mon engagement. Sommes-nous conscients de cela ? Ou plutôt l’acceptons- nous pour dire aux autres, on m’a donné tel ou tel poste, « regardez c’est moi le meilleur ». Celui qui est leader se doit d’être conscient de cela. Comment obtenir d’un groupe qu’il soit responsable si nous même nous ne le sommes pas ou que nous n’avons pas conscience de la nécessité de l’être. Y-a-t-il pire témoignage que celui de joueurs ou de dirigeants qui décrivent le coach ainsi : « Untel, il n’en a rien à faire » ou « untel, on se demande pourquoi il a repris l’équipe, mais bon on a personne d’autre alors on fait avec »

2- L’exemplarité

Attention, exemplarité ne veut pas obligatoirement dire perfection car personne n’est parfait et personne ne le sera. En revanche celui qui prend la perfection comme objectif aura plus de chance de s’améliorer et d’être perçu comme un exemple et ainsi, d’attendre la même chose de ceux qu’il a sous son aile. Comment dire à un enfant : « arrête de dire des gros mots » si nous sommes les premiers à en dire, ou encore, « tu es toujours en retard » si nous-même arrivons tous les jours au stade à 18h alors que l’entrainement est censé commencer à 18h. Le temps de se changer ou d’installer le matériel, l’heure est déjà dépassée. Nous sommes tous déjà arrivés en retard à l’entrainement ou tout juste 5 minutes avant, pour une raison particulière ou un problème de dernière minute, mais quelle a été la réaction des joueurs ? « Comme d’habitude, on est habitués » ou « c’est rare de vous voir en retard coach, vous avez sûrement eu quelque chose d’imprévu ». Regardez la différence de réaction entre l’enfant qui a l’habitude des retards de son coach et celui qui n’a pas l’habitude. L’analyse est la même pour l’enfant qui entend son coach dire des grossièretés de façon régulière et celui qui est surpris par les propos de son coach qu’il n’a pas l’habitude d’entendre. De quelle catégorie de coach faisons nous partie …

3- La disponibilité

En tant que référent de notre groupe, on se doit d’être disponible quand les gens, que ce soit les parents ou les joueurs, ont besoin de parler, montrons leur que l’on s’intéresse à ce qu’ils ont à dire et que l’on est en mesure de prendre quelques minutes de notre temps pour eux. Ce qui ne signifie pas passer ses journées et ses nuits au téléphone avec eux, mais, peut-être qu’en arrivant en avance à l’entrainement, le joueur ou le parent qui souhaite une rencontre, pourra profiter de ce moment pour engager une discussion. De même lorsqu’un joueur, ou un parent, envoie un message, on répond ou si on est indisponible, on se doit de répondre plus tard ou de rappeler s’il s’agit d’un message vocal. Le coach ne doit pas être considéré comme quelqu’un d’inaccessible ou de fermé. Cependant, à chacun de fixer les règles afin que le vestiaire ne se transforme pas en bureau des pleurs. Une simple discussion peut éclaircir un point qui semble flou ou incompris et le fait que l’on ne puisse pas en parler au coach peut apporter une certaine frustration pour les joueurs, leurs parents ou même l’équipe dirigeante. Par exemple, les joueurs ne comprennent pas pourquoi c’est untel qui joue plutôt qu’un autre et souvent, commencent à faire leur propre analyse de la situation, en expliquant nos choix de façon collective ou de façon individuelle la plupart du temps la réponse de l’interlocuteur est : « Ah, je n’avais pas vu la chose sous cet angle et je n’avais pas tenu compte de cela ». Même s’il reste attaché à son opinion, il sait maintenant que ce choix est motivé par une réflexion et non par affinité avec untel ou par colère envers untel.

4- S’associer à son groupe lors de certains évènements

Très souvent, le coach est celui qui donne les consignes mais le fait de s’impliquer dans certaines tâches avec son groupe lui permet d’appuyer un peu plus son message et de montrer une fois de plus le bon exemple. Par exemple, à la fin de l’entrainement aidons nos joueurs lors du ramassage du matériel, n’attendez pas tranquillement sur votre banc pendant que les joueurs, après une dure séance, partent récupérer le matériel ou le ballon manquant. Même si vous n’allez pas directement avec eux, commencez à avancer le travail de rangement du reste du matériel ou des ballons. Ils verront que vous faites, vous aussi, partie du groupe. S’ils décident de faire un repas pour clôturer la saison ou une sortie qui n’a pas d’objectifs contraires à notre éthique, partageons donc ce moment avec eux. Cela leur permettra aussi une autre vision du coach, celle où le coach est un élément du groupe et cela peut aussi renforcer les liens avec vous. Attention tout de même à bien faire la différence entre un évènement occasionnel (restaurant, excursion, pot de fin d’année) et les retrouvailles chaque week-end en boite de nuit. Dans ce genre d’endroit on perd sa crédibilité à coup sûr ! Comment celui qui est censé leur montrer l’exemple, peut-il s’impliquer avec eux dans un endroit ou il risque de perdre la raison et se montrer dans un état second ??? Gardons toujours à l’esprit qu’il faut savoir être proche de son groupe et en même temps, garder une certaine distance, de la retenue, car la barrière peut vite être franchie et la relation peut devenir confuse.

5- Viser l’excellence

On dit souvent « celui qui peut le plus peut le moins » alors cherchons toujours à viser le plus, cela apportera sans aucun doute une qualité supérieure dans toutes nos actions et dans toutes celles de nos joueurs. Un coach qui se contente du maintien, ne fera pas autant d’efforts pour perfectionner ses séances d’entrainements que celui qui vise la montée. Dans un championnat à 12 équipes, on part du principe que 2 équipes descendent et 1 seule équipe accède à la division supérieure. Cela veut dire que l’on a 10 chances sur 12 de se maintenir alors que l’on a qu’1 chance sur 12 de terminer 1er du groupe. Quel est l’entraineur qui ira vraiment dans le détail pour atteindre son objectif ?? Quels sont les joueurs qui vont s’investir du début jusqu’à la fin, sans se dire dès le départ : « tranquille, on n’est pas les plus mauvais, on va s’en sortir ». Cet état d’esprit se ressentira lors des séances, au lieu de faire l’effort jusqu’au bout ou d’être concentré jusqu’au bout, le joueur va se relâcher un peu avant parce qu’il a 10 chances sur 12 de se maintenir et donc il ne se sent pas obligé de s’arracher jusqu’au bout. C’est valable aussi pour l’entraineur, la séance ne répond pas à un objectif précis parce qu’il a 10 chances sur 12 de se maintenir et compte s’en sortir en espérant ne pas être dans les 2 qui descendront à la fin de l’année. Celui qui n’a qu’1 chance sur 12, fera les causes pour que cette unique chance soit pour lui et non pour un autre et il en est de même pour les joueurs. Ce type de raisonnement est valable chez les jeunes aussi, même si l’objectif est plus dans la progression que les résultats. Il faut obtenir du joueur qu’il comprenne que, tant qu’il travaille, il progresse et s’il progresse il sera forcément meilleur que la veille. Son objectif n’étant pas d’être meilleur qu’untel ou untel mais d’être toujours meilleur que la veille. En pensant comme cela il sera forcément à son meilleur niveau. Du moment qu’il pense être arrivé, il arrêtera de progresser. La médiocrité appelle la médiocrité et l’excellence appelle l’excellence.

6- L’optimisme

Peu importe la situation dans laquelle vous êtes, vous vous devez de ne jamais baisser les bras. Si vous le faites que pensez- vous que vos joueurs vont faire ? Si la locomotive s’arrête les autres wagons ne risquent pas d’aller bien loin. Gardez toujours cela en tête. Le moteur du groupe c’est vous, tant que vous êtes dynamique et croyez que ca va le faire, les joueurs s’identifieront à vous, mais cela n’est valable que si vous en avez la ferme conviction sinon vos joueurs le sentiront et fléchiront. Votre équipe n’a pas encore remporté de match de championnat ou vous avez pris du retard sur les concurrents à la montée ? Restez positifs tant que rien n’est comptablement définitif, tout est possible. Et même si c’est le cas, commencez déjà à préparer la saison prochaine. Chez les jeunes c’est la même chose, vous voyez que la progression de vos joueurs n’est pas aussi fulgurante que vous l’espériez, restez positif, posez- vous les bonnes questions et allez de l’avant. Tant qu’ils progressent cela doit vous donner la motivation nécessaire pour continuer à vous investir. Et si vous pensez qu’ils stagnent alors essayez de travailler de manière différente. Il y a toujours matière à …

7-L’authenticité

Ne cherchez pas à ressembler à un autre, gardez votre personnalité et votre authenticité. Généralement quand on essaye de copier les gestes, les mots et les comportements spécifiques de quelqu’un, aux yeux des autres on semble jouer un rôle ou imiter et on est perçu comme une personne sans authenticité. Certains sont très expressifs, d’autres très bavards mais chacun est comme il est, c’est cela aussi qui vous différencie des autres. Ne mettez pas une casquette pour ressembler à Elie Baup mais mettez- la si vous en ressentez le besoin. N’ayez pas une sucette à la bouche pour ressembler à Luis Fernandez, ou un costume pour ressembler à Guardiola. Si vous préférez les survêtements et être à l’aise dans vos baskets, faites-le. Il n’y a pas de profil gagnant mais le bon coach est celui qui reste lui-même et qui arrive à imprégner son groupe de ses valeurs. Bielsa a su faire changer les choses sans se prendre pour Guardiola mais en faisant passer son message à sa manière. Mourinho est extravagant et Ferguson plus discret et pourtant, les 2 ont réussi à marquer le football de leurs qualités d’entraineur et surtout, par leurs propres façons de coacher et de transmettre leurs valeurs.
Une copie est toujours bien moins convaincante que l’original donc soyez l’original et les autres la copie et non l’inverse.

8- L’observation

Il vaut mieux que l’on vous croit rêveur et inattentif plutôt que vous le soyez réellement. Soyez toujours à l’affut concernant votre groupe mais de façon intelligente. Ne posez pas de questions à tout le monde et à tout va. Mais sachez détecter les prémices de conflits ou de démotivation en étant toujours vigilant et alerte. Il y a toujours des joueurs dans un groupe qui en disent plus que les autres et qui ont la langue pendue, détectez et sondez- les de façon indirecte ou détournée. Laissez le groupe vivre mais en ayant toujours une analyse sur son état actuel. Ce qui nous emmène à la dernière qualité requise : l’anticipation.

9- Anticipation

Le fait d’être au courant de ce qu’il se passe et d’observer, peut vous permettre d’anticiper certaines choses qui, une fois arrivées, sont difficiles à gérer. Cela vaut dans plusieurs domaines, il est de notre devoir de prévenir, au maximum, plutôt que de guérir.

Exemple : un joueur montre des signes de fatigue récurrents, questionnons-le afin d’en connaitre la raison. Peut- être qu’il serait judicieux de le mettre au repos sur 1 ou 2 séances pour éviter la blessure musculaire grave qui l’éloignerait des terrains pendant quelques semaines, ou peut être a-t-il un souci familial qui le tracasse et qui plombe son rendement sur le terrain. Certains joueurs ont du mal à venir voir l’entraineur parce qu’ils pensent qu’ils seront traités de « fayot » ou « chouchou », alors à vous de prendre les devants par moment et questionnez pour en savoir plus.
Vous vous rendez compte que certains joueurs sont de moins en moins présents aux entrainements. Ont-ils une bonne raison ou simplement sont-ils découragés car ils ont perdu leur place de titulaires et commencent à lâcher prise ? Poser la question à ceux qui les fréquentent régulièrement ou bien au joueur qui est considéré comme « la gazette », il a peut-être entendu ou vu quelque chose qui pourrait vous aider à comprendre la situation. De manière générale, toujours anticiper, même si vous ne pouvez pas le faire sur tout bien évidemment.

Voici ce que je voulais partager avec vous, pour certains ces qualités peuvent paraitre évidentes mais est- ce que nous les mettons vraiment en application ? Pour d’autres elles paraitront réservées à l’élite des coachs mais l’entraineur ambitieux se doit de s’améliorer, premièrement, et de se dire dans un second temps que les meilleurs n’ont pas atteint leur place sans effort. Sachez que les coachs ne sont pas forcément reconnus que pour leurs résultats mais, aussi, pour leurs messages, leurs façons d’être et leurs façons de faire.

Alors Pourquoi pas vous ?

2 thoughts on “Devenez un coach influent grâce à 9 qualités

  1. foot63

    Bonjour, je tenais à vous encourager et vous remercier pour cet article qui remet les choses au clair ! Je partage votre avis sur un bon nombre de points et j’ai hate de découvrir la suite de votre programme ! Sportivement 😉 foot63
    30ans, clermont-ferrand.

    • Teddy

      Merci à toi Foot63. A très bientôt pour un prochain article

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